Cette petite centaurée extrêmement rare qui a tout d’abord été considérée comme sous-espèce de Centaurium vulgare fut décrite et élevée au rang d’espèce par Zeltner en 1970. Après avoir été signalée en France dans l’Hérault, l’Aude, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône, elle n’était plus connue que dans les Hautes-Alpes en 1990 (découverte de Edouard Chas confirmée par Zeltner), et uniquement en deux stations des rives de la Durance. Malheureusement, ces stations ont disparue par suite d’une modification hydrographique naturelle. Cette plante qui est conservée en culture dans les Conservatoires Botaniques Nationaux de Gap et Brest a été ensuite considérée comme disparue du territoire français. Or une prospection approfondie dans les environs de Valserres m’a permis d’en retrouver une petite station d’une quarantaine de tige et d’une dizaine de rosettes. J’ai depuis retrouvé cette même plante dans les Alpes-de-Haute-Provence, à une centaine de mètres des Hautes-Alpes. Cette deuxième station est située dans une ancienne carrière qui a été inondée accidentellement par la Durance, et ou j’ai trouvé 3 pieds dont un possédant de très nombreuses tiges, mais aucune rosette. Ces découvertes laissent supposer que cette plante emblématique peu être trouvée sur les rives de la Durance où un stock de graines semble perdurer. Une recherche approfondie pourrait être lancée dans la ripisylve de la Durance, ce qui permettrait sans doute de trouver de nouvelles plantes et de définir précisément l’écologie de cette espèce afin de tenter des réintroductions, les cultures en conservatoire ne devant pas être considérées comme des finalités. En 2006, la station des Alpes-de-Haute-Provence ne comptait pas de plantes fleuries mais de très nombreuses rosettes.